Le propos premier du trio « Fab Swing », comme son nom semble le suggérer, est d’attirer le répertoire fameux des « Fab Four », autrement dit les Beatles, vers un univers qui leur fut a priori étranger, celui du jazz. Autrement dit, il s’agit ici de redonner un éclairage nouveau, une perspective neuve en colorant ces chansons, universellement, connues d’un feeling de swing, mais aussi d’une constituante essentielle et intrinsèque au jazz , l’improvisation. La démarche est aussi d’y ajouter les apports et les conséquences plus ou moins directs de l’  univers musical des musiques latines, de la Soul ou de tout ce qui d’une manière générale peut « groover ». Parer ces mélodies qui semblent presque éternelles d’ un vernis de sophistication harmonique et une liberté d’interprétation, y compris sur les formes même des chansons, qui semblent y projeter une lumière neuve et y apporter une modernité inédite. Pour cela, en premier lieu, il est à noter que le chanteur principal du trio, Charly Ménassé, en est également le batteur. Cette particularité, qui n’est pas la moins insolite du groupe, confirme qu’il s’agit avant tout ici d’un véritable trio jazz: un batteur, un pianiste et un bassiste. Charly s’est donc partagé avec Didier Goret, pianiste aux improvisations d’une grande émotion, la conception, le réarrangement, on voudrait dire la « revisitation » de ces fleurons de la Pop dont un grand nombre furent des tubes. Jamais dans cette démarche il ne s’est d’ailleurs agit de gommer les origines folk, rock ou pop de ce répertoire, mais seulement l’emmener ailleurs et autrement. Pour compléter le projet des deux instigateurs il fallait encore le bassiste, pilier essentiel de cette formule. Il est vite apparu que la présence de Benoît Dunoyer de Segonzac était incontournable. En effet il fallait ici, non seulement une figure phare du jazz hexagonal, un pilier sûr, mais aussi quelqu’un dont l’expérience et la connaissance furent assez larges pour accompagner ce voyage.