Spectacle en anglais / Sous-titré en français

New York City director Eric Wallach takes Breasts of Tiresias by the balls and barrels head-long into Apollinaire’s riot and romp with revelry, music and “45 manic minutes of amazing theatre”.  Witness the mayhem as the Wife leaves the home and the Husband takes on the task of making the children, squeezing out 40,049 children in one night alone.   Madeleine Besson rocks the house as The People of Zanzibar.  In English, in the flesh and in 3-D.  Think big.

Eric Walach, un metteur en scène américain qui fait de plus en plus parler de lui à New York, s’empare de la dernière pièce d’Apollinaire, “Les mamelles de Tiresias”. Il nous emmène, à pleine vitesse, dans 80 minutes extravagantes, effrénées, enragées d’un spectacle enchanteur.
Imaginez la pagaille. Une femme quitte son foyer. Son mari reprenant le flambeau de la maternité et parvient – en une seule nuit ! – à donner naissance à 40 049 enfants. Madeleine Besson donne toute la puissance de sa voix au peuple de Zanzibar. C’est en anglais. C’est plein de chair. C’est dans la vie.  Vous êtes conviés.

Auteur : Guillaume Apollinaire

Adaptation et mise en scène : Eric Wallach

Critique presse


Froggy’s Delight

Septembre 2010

The Breasts of Tiresias


Théâtre musical d'après l'oeuvre de Guillaume Apollinaire, adaptation et mise en scène de Eric Wallach, avec Madeleine Besson, Emilie Chevrillon, Astrid Bayiha, Thomas Landbo, Thomas Dalle et Sébastien Vion.
Ami parisien, toi qui a peut être voulu te rendre à New-York cet été, sans en avoir la possibilité, tu vas être comblé, car c'est New-York qui vient à toi en cette rentrée 2010.
Dans le cadre de son Festival New York in Paris, le théâtre de La Reine Blanche propose en effet, avec le soutien de l'ambassade des Etats Unis, une rencontre scénique et culturelle, théâtrale et vocale, entre les deux villes.
Parmi les artistes américains ayant répondus présent au rendez-vous de La Reine Blanche, on trouve Eric Wallach, metteur en scène, auteur et producteur de théâtre, qui fait de plus en plus parler de lui outre Atlantique pour son théâtre avant gardiste qui ne cesse d'abolir la distance qui sépare le public du spectacle. Sa dernière création, "Flight 18", a en effet fait beaucoup de bruit dans la presse new-yorkaise pour son originalité et sa créativité. Imaginez-vous que l'artiste, la subvention du Lower Manhattan Cultural Council's Swing Space en poche, a investi pendant 3 mois un espace de 600 m² (rien que cela) offert par la ville de Brooklyn pour y représenter son œuvre, vivante et déjantée.
Il s'attèle ici à un nouveau défit en nous proposant une adaptation musicale de la dernière pièce de Guillaume Apollinaire : "Les mamelles de Tirésias".
Imaginez une pièce surréaliste d'un grand auteur français, mais traduite en anglais, adaptée en comédie musicale, produite par une compagnie franco-américaine, mise en scène par un américain, jouée et chantée par des comédiens français bilingues, devant un public exclusivement parisien, et vous comprendrez mieux la nature du challenge que se propose de relever la petite troupe de la New-York avenue.
"The Breasts of Tirésias", comédie musicale surréaliste, apparaît donc sur le papier comme un pari (excusez le jeu de mot) bien risqué et qui pourtant, sur scène, fonctionne parfaitement. Le texte d'Apollinaire, traduit à la virgule près, nous apparaît dans tout ce qu'il a d'universel, transcendant la langue, les lieux et les époques.
Qui aurait pu anticiper que cette pièce de 1917 pouvait encore toucher le public d'aujourd'hui ? Son sujet est pourtant toujours d'actualité.
Thérèse restreinte par sa condition de femme à nourrir son mari et à élever ses enfants, aspire pourtant au pouvoir et aux responsabilités et décide, pour y accéder, de se débarrasser de ses attributs féminins, ses mamelles, devenant ainsi Tirésias. Mais qui fera donc les enfants de Zanzibar ? Qu'à cela ne tienne, c'est son mari qui s'y collera, donnant jour en une nuit à plus 40 049 bébés !
Au travers de ce drame surréaliste, Apollinaire donne une voix à ce Paris d'après guerre, avide de renaissance, pressé de se secouer de sa torpeur culturelle et de renouer avec la créativité et l'espérance.
Par le biais cette nouvelle adaptation, c'est bel et bien ce Paris que l'on retrouve, tant la fraîcheur et la joie contagieuse du spectacle imaginé par Eric Wallach semble fidèle à l'esprit d'Apollinaire et des surréalistes.
L'action est tout autour du spectateur, avant, pendant, après le lever du rideau, sur scène ou dans la salle. Toujours sollicité, il n'a pas le choix de rester indifférent, qu'il ait envie de huer ou d'applaudir, encore moins le temps de s'ennuyer tout au long de ce pétillant divertissement mené tambour battant.
Les comédiens dépensent leur énergie sans compter. Ils semblent retrouver leur âme d'enfant, plein d'espièglerie au milieu de cet univers fait de bric et de broc, imaginé par Virginie Fremont. Les costumes de Séverine Fortune, à la fois ludiques et expressifs jusque dans les moindres détails explorent eux-aussi l'univers poétique et déjanté d'Apollinaire brouillant les identités et refusant le conformisme culturel et sexuel. Les lumières bougent, s'allument, s'éteignent au rythme de la vie intérieur des personnages et du monde qui les entourent. Les sons fusent, se mêlent, entre playback et live. Enfin bref, tout concorde pour donner vie à un Zanzibar haut en couleur, extravagant, fantasmé, naviguant entre rêve et réalité.
Au milieu de tout ce charivari, se détache la voix sensuelle de Madeleine Besson, étoile montante de la scène R&B parisienne qui donne, par sa présence scénique, réalité et profondeur au peuple de Zanzibar. Thomas Landbo, le mari, majestueuse bête de foire dans sa longue robe aux milles mamelles, semble habité d'une folie qui sert de colonne vertébrale à l'œuvre et sur laquelle se greffe la passion de la jeune Astrid Bayiha, Thérèse/Tirésias démesurée. A leurs côtés Emilie Chevrillon (the policeman), Sébastien Vion (Presto/ The son) et Thomas Dalle (Lacouf/The Journalist) comédiens aux multiples talents, alternent chant, danse et musique avec beaucoup de brio et d'entrain.
Fidélité et modernité, expressionnisme à outrance et précision du texte, entre rêve et réalité, passé et présent, cette pièce est une véritable expérience à part entière.
Pari réussi, donc, pour Eric Wallach et ses comédiens. Quand New-York rencontre Paris et s'offrent le meilleur d'elles-mêmes, on aime et on en redemande.
Cécile Beyssac

Critique Presse


Le point

Septembre 2010

The Breasts of Tiresias


THÉÂTRE/COMÉDIE MUSICALE
Du petit lait à déguster avec Les Mamelles de Tirésias
Jusqu'au 14 septembre. Théâtre La Reine blanche à Paris.
Par Marie-Françoise Leclère
 
ThomaS Landbo et Astrid Bayiha dans "Les Mamelles de Tirésias", dernière pièce de Guillaume Apollinaire au théâtre La Reine Blanche © Alejandro Guerrero
Un peu d'histoire d'abord. Le 24 juin 1917, dans un théâtre de la butte Montmartre, a lieu la première des Mamelles de Tirésias, "drame surréaliste" - c'est le premier emploi du mot - de Guillaume Apollinaire. Max Jacob dirige les choeurs, Philippe Soupault est le souffleur, un public de 500 personnes dont tout ce qui compte de l'avant-garde, Picasso, Cocteau, Breton, Aragon, etc. Atmosphère électrique et, même s'il a été grossi plus tard par Breton, pour les besoins de la légende surréaliste, scandale considérable. L'argument de la pièce est (relativement) simple. À Zanzibar, une épouse soumise, Thérèse, se révolte contre l'autorité de son mari, lequel décide de faire des enfants tout seul et y réussit fort bien (40 049 bébés en un jour !), tandis que sa femme se travestit en homme, sous le nom de Tirésias, ce que l'auteur appelle "faire un usage raisonnable des invraisemblances". Dans la France en guerre de 1917 (l'année terrible), cette histoire d'identités sexuelles brouillées choque. Personne ne veut entendre le cri d'espoir du poète, qui mourra peu de temps après: "Il est grand temps de rallumer les étoiles." Il faudra attendre 1947 pour que Francis Poulenc tire de ces "mamelles" un opéra-bouffe (en janvier 2011 à l'Opéra comique).
Aujourd'hui, sous l'impulsion d'une jeune productrice américaine vivant en France, Amy Wood, fondatrice d'une compagnie franco-américaine New York avenue, le drame surréaliste nous revient, adapté et mis en scène par un Américain, Eric Wallach, interprété par une troupe française qui s'en donne à coeur joie. Ce qui frappe ? L'actualité des thèmes et la force burlesque de l'ensemble. La salle participe, rit beaucoup - on est plus proche du Rocky Horror Show que de Poulenc ! Quant aux comédiens, on voudrait tous les citer qui tous savent dire et chanter. Avec une mention spéciale pour Madeleine Besson, chanteuse et compositeur, excellente voix du peuple de Zanzibar. Scénographie et costumes sont à l'unisson. Déplorer un certain manque de moyens ne servirait à rien, il y a trop de fraîcheur et d'enthousiasme là, pour tourner le nez. Quatre-vingts minutes d'extravagance, cela ne se refuse pas.
The Breasts of Tiresias d'après Guillaume Apollinaire. En anglais sous-titré.
Jusqu'au 14 septembre. Théâtre La Reine Blanche. 2bis, passage Ruelle, Paris 18e. 01 40 05 06 96.