C’est aussi en 2000, « Appelle ta grand mère », un album plein de l’agitation de la rue, du quotidien Kamer, de l’appétit des « politichiens  » et des policiers, de la suprématie du président Paul Biya ou du quotidien de Mamy Nyango, « ex-prof de lycée, reconvertie dans l’industrie du beignet »…
C’est l’école du micro en bambou, qui raconte, accuse, dénonce, s’amuse, invente, plaisante sur la vie, le quartier, le pays, l’Afrique et le monde.
C’est bientôt, l’envie de découvrir le grand Ailleurs. Fin 2000, Negrissim’ prend la route, en bus, taxi-brousse, et en catimini pour rejoindre Dakar par la route – via le Nigéria, le Niger, le Burkina et le Mali. Rencontres fortes, angoisses, nuits sans lune, consciences affûtées, pâles matins d’insomnie, poésie, poussière et kif donnent à ces mois de voyage un relief initiatique. Le crew s’offre des haltes à Ouaga et Bamako, monte sur scène avec d’autres rappeurs, participe à des festivals. Puis, fin 2002, Dakar.
Dakar, Parcelles Assainies. Terminus des illusions de la sortie d’un album (enregistré !) avec une production véreuse.
Mais Dakar, c’est encore des rencontres. Ils rencontrent DJ Max, qui les suit depuis dans leurs tournées. Le groupe s’internationalise et les voilà en France, de résidences en concerts, des radios aux studios. 2007 : « la Vallée des Rois » sort dans les rues de Paname, le clip luxuriant tourne en boucle sur le net et les versions pirates affluent sur les marchés de la Cité Verte et d’ailleurs.
Aujourd’hui, Negrissim est toujours sur la route, entre l’Afrique et l’Europe, bercé par les rencontres, les retrouvailles et les new-coma. Retour au Cameroun, come back en Europe, un nouvel album bientôt dans les bacs. Dix ans après, l’histoire continue …