Le travail est parti de nous, c'est-à-dire des opinions, des intuitions et des expériences de chaque membre de l'équipe artistique. Début 2009, nous avons analysé différents faits d'actualité à partir des journaux, de la télévision, de la radio et d'internet. Nous nous sommes entre autres penchés sur le zapping de Canal+. Cette longue série de scandales, de paradoxes et d'aberrations nous a rendu très mal à l'aise. Tout nous semblait absolument invraisemblable. De là, nous avons imaginé des situations et rêvé certaines improvisations, avant de les concrétiser sur le plateau. Nous nous sommes ainsi retrouvés avec de nombreuses scènes à agencer, à transformer ou à supprimer pour construire un ensemble cohérent : « Les éclaboussures ».


En menant un travail, non pas « sur » mais « à partir de » l'actualité, il s'agissait bel et bien de faire l'expérience nous-mêmes de ce que diffusent tous les jours les médias. Et c'est un immense brouhaha que nous avons perçu.


Nous nous sommes sentis emportés par un torrent de boue, et il ne nous est resté au final qu'un bruit de fond, des traces, des éclaboussures.


Si tout le monde est confronté à ces sortes d'acouphènes omniprésentes, la première difficulté est de s'en protéger. La deuxième reste d'affronter coûte que coûte la réalité et de s'engager. Et le théâtre, c'est précisément le moyen que nous avons choisi pour partager notre expérience