Si la culture est l’aliment du bonheur, alors il est bon d’en offrir à l’excès pour que soient comblées toutes les passions. Les Nuits de l’Enclave sont singulières parce qu’elles embrassent aussi bien le théâtre que la musique, la peinture et la littérature. A aimer tous les visages de la culture, on ne se perd pas, on s’enrichit. Ce festival veut être une Fantaisie, c’est-à-dire un crépitement de spectacles sortant de l’ordinaire et de manifestations brillant par leur nouveauté et leur originalité. Notre élan, cette année, nous porte donc vers l’excès parce que nous croyons que la passion n’est jamais saturée.
Les Nuits de l’Enclave ne sont pas pour autant une auberge espagnole. Nous avons construit le programme de cet été 2010 en nous plaçant sous le signe de l’excellence. De grands auteurs, de grands interprètes, la conjugaison des talents et de l’enthousiasme, le plaisir d’offrir et de partager. Quand Marie-Christine Barrault lit des poèmes qui font écho au  quatuor Ludwig interprétant Schumann, le partage devient une réalité. La musique prend alors une forme concertante aussi nouvelle qu’envoûtante dans l’échange de la voix humaine et du son des instruments. Quand Coline Serreau fait chanter sa chorale du Delta, elle nous invite à entrer dans le cercle d’une joie elle aussi concertante.
Les grands spectacles n’obéissent qu’à une règle : la générosité. Le désir fou de transmettre. Désir de l’auteur quand il écrit. Des interprètes quand ils sont sur scène. Cette flamme anime évidemment Francis Huster dans la Traversée de Paris de Marcel Aymé, elle illumine le théâtre Kronope quand il joue Knock de Jules Romains, elle brille quand la compagnie Tetra-Art interprète La Chute d’Albert Camus. Autant de spectacles dont l’alchimie fabrique des rencontres exceptionnelles avec le public.
Il n’est pas de festival sans création. Les Nuits de l’Enclave ont choisi le plus grand des auteurs William Shakespeare, revisité dans un échange épistolaire avec sa femme Anna Hathaway par Anca Visdei. « Madame Shakespeare » sera interprétée par deux très grands comédiens, tous deux déjà couronnés par des Molières : Sonia Vollereaux et  Nicolas Vaude.
Du théâtre à la littérature, il n’y a qu’un pas que le festival franchit cette année avec des Nuits Littéraires, rencontres avec des grands auteurs raconteurs d’histoires et de l’Histoire : Jean Lacouture et Bruno de Cessole. Un prix littéraire, décerné par un jury valréassien, viendra couronner ce retour du livre dans la cité du cartonnage et de l’imprimerie. Il sera incarné par une sculpture de Jean-Alexandre Delattre dont les œuvres dessineront aussi  un parcours culturel dans toutes les communes de l’Enclave.
Le Salon de l’Enclave ouvre les Nuits et les clôt. Il en constitue la voie lactée tout au long des mois de juillet et d’août. Il lui faut donc une étoile lumineuse. Ce sera, cette année, Yvon Taillandier, immense peintre qui a côtoyé les plus grands, Picasso, Braque, Calder, inventeur surtout d’un monde imaginaire coloré et d’une peinture dite littéraire mêlant image et langage, couleurs et lettres.

Nous tenons à remercier l’ensemble de nos partenaires et nous promettons à tous un magnifique festival dans des nuits d’été étoilées.

Nicole Jeambar Guy Morin
Présidente des Nuits de l'Enclave des Papes Maire de Valréas