Célèbre, voire quasi légendaire en Angleterre et aux Etats-unis, Dylan Thomas (1914-1953) demeure très mal connu en France, peut-être parce qu’à l’exception de ses récits en prose il y a peu d’intérêt à le lire autrement qu’en version originale, les traductions échouant par définition à restituer les fondements rythmiques et sonores d’un langage poétique, en général, et à plus forte raison du sien.

 

Le format et la construction des douze poèmes que j’ai utilisés pour composer A thin sea of flesh m’ont interdit d’en faire des chansons au sens propre du terme : on n’y trouve pas de répétitions propices à la création d’un refrain, ni de versification stricte permettant d’utiliser une seule mélodie pour différents couplets ; cependant Dylan Thomas comptait ses syllabes et contrôlait la fréquence des accents toniques en visant un résultat rythmique bien choisi ; une structure musicale est déjà inscrite dans ses poèmes, la complexité de leur flux a donné lieu à des formes musicales dont je n’aurais pas eu idée, qui ne me ressemblent pas et qui m’ont induit à construire de faux couplets, de faux refrains, des chutes et des envolées inattendues.

 

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