DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON 
DE BERNARD-MARIE KOLTÈS 
MISE EN SCÈNE JEAN-PIERRE BRIÈRE - COMPAGNIE MEGAPOBEC


Ça commencerait là, au creux d’un songe, puissamment présent, étrangement lointain. Sensation dépaysante de paysage orphelin. Endroit presque familier qui se dérobe à la reconnaissance, où déambulent carcasses d’hommes et d’animaux. Où, entre deux tours presque jumelles, chutent, en nuées grotesques, paperasses et archives,… au milieu de tout ce dont on n’a pas voulu là-haut, au milieu d’un tas de souvenirs pourrissants. Et là, juste là, un homme en rencontre un autre. Bon. Le premier interpelle le second qui n’en revient pas. Ça crée un lieu, ça crée un temps. Ça crée une transaction. C’est simple. Le premier homme dirait à l’autre que s’il est maintenant, précisément là, à cette heure et en ce lieu, c’est qu’il désire quelque chose qu’il n’a pas, et cette chose, il peut la lui fournir. Il ne se nomme pas, personne ne nomme le lieu, ni le désir ni l’objet du désir. Si ce n’est que tous deux se placent dans un temps où l’ordinaire est à la sauvagerie.