BARGAIN BASEMENT est en effet la réunion, aussi fortuite qu’inespérée, de trois sacrés briscards : Silvain Vanot, Brad Scott & Vic Moan. Leur projet, sous couvert de rendre hommage aux Basement Tapes, est en fait d’en perpétuer l’esprit.


Silvain Vanot incarne, depuis son  premier album en 1993, une certaine forme de résistance (à la mode, à la démagogie, à la médiocrité) et suscite de légitimes interrogations. Comment fait-il tenir cette voix de fausset dans ce corps d’ogre ? Ces vers moyenâgeux dans ces folksongs à la Neil Young ? Cet oubli de soi dans cette mémoire de grimoire ?


Brad Scott  a dix cordes à ses trois arcs : la contrebasse, la voix et le ukulele. Autant dire qu’il couvre un spectre assez large. Inébranlable fondation de bien des groupes de rock festif (le Bachibouzouk band d'Arthur H ou Soldat Louis), Brad est surtout un interprète énorme capable de passer le test dit « de Billy Jean » mieux que la totalité des candidats de la Nouvelle Star toutes promotions confondues.


Vic Moan, enfin, est un songwriter américain qui ne sait écrire que des classiques à un point que ça en devient embarrassant. Il se contenterait pourtant bien de faire danser les gens avec son sens du hit R&B, le vibrato indocile de sa voix et sa main battant la mandoline avec volupté et précision.